Yvon CHATELAIN qui est né en 1927 rapporte que c’est son père Ambroise CHATELAIN qui a voulu la fusion entre la section football de la Jeanne d’Arc et l’USQ. Ambroise CHATELAIN, qui était l’adjoint au maire de Mr DUAULT avait confié à ce dernier « Cela ne peut plus durer »…, il faut dire que la JA qui jouait aux Perrières sur un terrain de fortune se plaignait à la mairie que seule l’USQ, dont les chevilles ouvrières étaient RUAULT père et fils, avait le droit d’utiliser le terrain des Grands Jardins.
C’est Mr Charles BLANCHET, le père du vétérinaire, qui était déjà président de l’USQ (entouré de Pierre BARON et de Mr ROUTHIER de l’Hôtel de la Gare), qui fût le 1er président du Stade Quintinais.
Les lauriers ne se feront pas attendre avec le titre de champion de Bretagne de 3è série dès 1937 et la victoire cette même année dans le Coupe Folliard. Pour fêter ce double évènement, an banquet présidé par MR DUAULT, Député Maire et Président d’Honneur du Stade, avait eu lieu chez Brouté-Courtel le 29 mai 1937. Puis vinrent les années de guerre et cette anecdote néanmoins souriante : c’était la saison 34/40, le Stade Quintinais avait passé un retentissant 12 à 0 au Stade Briochin… mais il faut dire que ce jour-là, il n’y avait qu’un seul gars de Quintin dans l’équipe, Armand LEROUX du Gasset, tous les autres étaient des Polonais du 43ème RI en garnison au couvent dont certains étaient pros à Lille. Ce qui avait fait dire à Ambroise CHATELAIN, qui avait alors succédé à Charles BLANCHET à la Présidence « A Quintin, on a une équipe pro ! ». C’est à cette époque, en 1942 que la Comte DE BAGNEUX qui vient d’être nommé conseiller municipal par le Préfet, demande dans un rapport adressé au député-maire Alfred DUAULT de construire un terrain des sports. Ce terrain sera réalisé après le 8 mai 1945 par les prisonniers allemands. La date marquante de l’après guerre c’est évidemment 1947 avec l’inauguration du Parc des Sports de la rue Saint Yves et l’arrivée de Mr DE BAGNEUX à la présidence. Yvon CHATELAIN qui a joué au Stade jusqu’en 1950, année de son mariage, se souvient de cette saison. Il est par contre moins bavard sur cet épisode : lorsqu’il était étudiant à Lannion, il était licencié au Stade Lannionnais et jouait au Stade Quintinais pendant les vacances. Un joueur de l’US Erquy, POILPRE, le fils du boucher, s’était aperçu du manège…
Yvon parle aussi des entraîneurs et notamment de LE GALL, puis THOMAS un ex joueur de Perros, ou encore TOULLEC. Et puis en 1964, il y a cette victoire en coupe du Conseil Général à Pléneuf face à Yffiniac. Paul LENOIR, le capitaine de l’époque reçu la coupe des mains du Président PLEVEN, alors que dans les rangs d’Yffiniac, l’ancien quintinais Paul SOHIER fût particulièrement mauvais joueur… Puis ce fût le retour de l’enfant du pays, Yvon RAULET qui joua jusqu’en 1966. 1967 est une date difficile pour le Stade… Cette année là voit la création de la JS Saint Brandan : les trois frères QUINIO signent naturellement pour jouer à Malabry. Conséquence en 1968 le Stade se sauve de la descente de 1ère division à Ploufragan lors du dernier match. Le Comte DE BAGNEUX demanda au nouveau président André LE MEN de recruter un bon entraîneur. Ce sera René COUEDIC du Stade Briochin qui réussira à faire monter l’équipe en Promotion d’Honneur au bout de 3 saisons : Bernard JOUANNY marquant le but le l’accession contre Langueux, l’autre prétendant, le 25 avril 1971, alors que René COUEDIC était déjà parti pour l’Amérique du Sud depuis quelques mois.
20 ans après, en 1951 le Stade retrouvait la Promotion, puis Georges GARANDEL, du Stade Paimpolais, fût recruté pour la saison 1972/1973. Jo restera 9 saisons et fera monter l’équipe en DRH au terme de la saison 1975/1976. Sous sa férule, le Stade remportera la Coupe Ange Le Mée en 1980. CARANDEL reparti en 1981 pour son club d’origine, le Stade Briochin. Le Stade Quintinais recrute alors Louis LE COCQ, un entraîneur-joueur de la banlieue parisienne Villemonble pour lui succéder. Pt’it Louis restera 4 saisons. Puis le président Alain GUILLARD, qui a succédé à André LE MEN en 1982, fait signer Patrick LE GOFF en juin 1985, l’ancien joueur d’En Avant de Guingamp et du Stade Malherbe de Caen, avec qui le Stade est champion de DRH au terme de la saison 1987/1988. Le Stade perd son président GUILLARD qui choisi le sport hippique où brille son fils Rodolphe. Joël SANGAN lui succède tout en arbitrant et confie le secrétariat à Marie-France MONNIER. Joël reste deux années à la tête des « jaune et noir », deux années durant lesquels le Stade se maintiendra en DSR en s’attribuant le titre honorifique de champion d’automne en décembre 1988 devant le Stade Briochin de GOAVEC. Après avoir organisé le 16 avril 1990 deux internationaux en l’occurrence Manchester United contre le Rapid de Vienne et France – Yougoslavie junior, Joël SANGAN passe la main en juin 1990 à Pierrick JEGO.
L’équipe qui a perdu des joueurs à l’inter-saison redescendra en DRH dès le mois de mai 1991. Pierrick JEGO qui, après avoir animé le club des supporters avec Michel GUILLARD, Guy DEFFAIN entre autres, devra lui aussi recruter un autre entraîneur au départ de Patrick LE GOFF pour l’Alsace. Il choisira Loïc ARTHUR en 1992, mais connaîtra les affres d’une seconde descente en PH en mai 1993. Pierrick choisit alors de tourner la page et laisse la présidence à Marcel CAPITAINE, qui confie l’équipe à Léon COURCOUX en 1994. Léon, qui revient d’un exil au Stade Briochin, assure deux saisons, puis, pour des raisons professionnelles, souhaite être relayé. Marcel recrute alors Olivier BRIEND, un joueur du Stade Briochin, qui conduit le Stade à la 3ème place de PH à 4 points du 1er le JS St Brandan qui monte en DRH au terme de cette saison 1997/1998. Marcel qui a donné le meilleur de lui-même pendant quatre saisons, est ulcéré par 30 démissions en juin 1997 et jette l’éponge. C’est Bernard JOUANNY qui lui succède et l’ancien joueur assurera 4 années de présidence, avec à nouveau Léon COURCOUX pour la saison1997/1998, puis 1998/1999. Fin 99 Léon arrête et se met au service de l’équipe « B », ce qui contraint Bernard JOUANNY à recruter Lionel LE MOAL, qui arrive de l’US Yffiniac. Pour la première fois de son histoire, le Stade devra « limoger » son entraîneur avant la fin de saison, et Léon qui reviendra encore ne pourra pas éviter la descente en 1ère division. Pour la saison 2000/2001, le Stade opte pour une solution interne avec le tandem Raphaël THERIN – Christophe BOSCHER. L’équipe fanion ne remonte pas mais termine 3ème. Un ancien joueur devient Président, Jean-Marc RINFRAY. Au terme de la saison 2001/2002, l’équipe managée par Christophe BOSHER est championne grâce à Ulas MADOGLÜ et retrouve la PH.
La saison 2002/2003 est difficile, Gérard COLLET supplée Christophe BOSCHER souffrant et l’équipe fanion termine 10ème se sauvant aux critères. En 2003 Jean-Marc RINFRAY recrute Francis RAMBO sur le conseil de Léon COURCOUX, qui a eu le « tuyau » avec Pierre-Yves DAVID. En 2004 Jean-Marc RINFRAY Démissionne et c’est Jean-Luc THERIN, secrétaire, qui accepte les responsabilités. Dès sa 1ère saison il obtient la montée de l’équipe fanion en DRH et celle de l’équipe B, coachée par Christophe BOSCHER, en 1ère division. Pour relevé ce nouveau challenge, Jean-Luc THERIN est contraint de recruter un nouvel entraîneur, ce sera Franck DENIS, lui aussi venant du Stade Briochin.
Difficile de ne pas évoquer le rôle essentiel des secrétaires : c’est ainsi que François KERGOAT, tout juste arrivé de Laniscat à la mairie succédera à Robert CREMAULT, et occupera ce poste clé jusqu’en 1974, date à laquelle Alain GUILLARD, son adjoint, le remplacera. Ce dernier sera lui-même remplacé par Joël SANGAN, son adjoint également, au début des années 80. Puis Marie-France MONNIER sera la 1ère femme à assurer le secrétariat à partir de 1988 et pendant de nombreuses saisons. Marie-France est relayée par Jean-Luc THERIN puis par Jérôme ALLEE en 2004.
Difficile aussi de passer sous silence le travail des trésoriers ; Paul LE GALLIC, Gibert LE LIDEC, Denise GILLARD, Dominique GUGUEN, Gilbert COSSON à l’heure où s’écrivent ces lignes.
Comment ne pas évoquer les figures emblématiques que furent Julien BEAUREPAIRE, Henri LE CARDINAL, Joseph LE CHANU, René LE VEE, Fernand LE CHAMPION, ou d’autres comme Robert LE GUEUT, Jean LE GRUIEC, Henri REUX, Yves LE PROVOST... D’autres figures nous reviennent à l’esprit, celle de KUB du plus profond des populaires, celle de Robert HAMON qui contrôla les entrées, installa les filets, traça le terrain pendant 40ans. Ajoutons Madame DORE, la plus connue des supportrices, relayée par sa fille Madame Odette GICQUEL qui ne rate pas beaucoup de matchs…
Des générations de joueurs se sont succédées, des générations de supporters sont venues les encourager. Des joueurs, des entraîneurs, des supporters, la chaîne ne serait pas complète sans y ajouter les dirigeants, maillon indispensable. Combien d’heures passent-ils le plus souvent dans l’ombre à tracer les terrains, laver les maillots, gonfler les ballons, rédiger les feuilles de match, préparer les casse-croûte, organiser des bals, des lotos, des tournois, des repas, arbitrer des matchs… Des dirigeants qui accomplissent un rôle social évident, mais qui n’ont pas toujours la reconnaissance qu’ils méritent, notamment ceux qui encadrent l’école de foot, créée en 1969, et les équipes de jeunes…
Longtemps le seul sport de la « Petite Cité de Caractère » avec le tennis, le football a été rejoint par le vélo, le volley, le roller et un tas de disciplines parmi lesquelles ont disparu le handball et le twirling. Le Stade Quintinais à fêté ses 70 ans, il fait figure de vétéran des associations sportives de notre ville. L’histoire du Club continue à s’écrire jour après jour… Il appartient à chacun des joueurs, dirigeants, supporters, amis...d’y ajouter de nouvelles pages… Vive le Stade, vivent les « jaune et noir » !
Texte rédigé par Joël SANGAN à l’occasion des 70 ans du Stade Quintinais